Cybersécurité: un avantage stratégique lors des fusions-acquisitions

Toute fusion ou acquisition part du principe que deux entreprises peuvent obtenir de meilleurs résultats ensemble que séparément. Pourtant, de nombreuses opérations ne parviennent pas à générer les bénéfices escomptés.
Les deux Deloitte que Bain identifient une intégration efficace et une bonne exécution après la clôture comme les clés du succès des fusions-acquisitions.
Dans de nombreuses opérations de fusion-acquisition, la cybersécurité consiste principalement à détecter les vulnérabilités, à estimer les coûts et à éviter les risques cachés. Cette perspective est en train de changer.
La communauté des investisseurs considère de plus en plus la cybersécurité comme un facteur déterminant pour la qualité d’une opération et la réussite commerciale à long terme.
Une étude de 2026 sur la due diligence en matière de fusions-acquisitions montre que 84 % des banques d'investissement américaines estiment que la due diligence en matière de cybersécurité fera l'objet d'une attention accrue au cours des 12 à 24 prochains mois. L’enquête mondiale 2025 de PwC auprès des investisseurs a révélé que 88 % d’entre eux estiment que les entreprises doivent consacrer davantage de moyens à la cybersécurité.
Les failles de sécurité exigent une vigilance accrue en matière de cybersécurité lors des opérations de fusion-acquisition
Dès qu’une entreprise annonce une opération de fusion-acquisition, le paysage des risques évolue. La direction s’attache à conclure la transaction. Parallèlement, les équipes informatiques et de sécurité se préparent à intégrer les systèmes, les identités et les données. Cette transition fait apparaître des lacunes temporaires en matière de visibilité, de gouvernance et de contrôles de sécurité. Les attaquants peuvent rapidement exploiter ces faiblesses.
L’IA rend également les risques cybernétiques liés aux fusions-acquisitions plus complexes. Les cybercriminels l’utilisent pour lancer des campagnes de hameçonnage plus rapides et plus convaincantes. Ils automatisent également la reconnaissance et intensifient leurs cyberattaques. Parallèlement, les entreprises cibles adoptent des applications d’IA et des outils autonomes. Ces outils créent de nouveaux défis en matière de gouvernance, d’identité et de protection des données. La cyber-due diligence doit aller au-delà de l’infrastructure traditionnelle. Elle doit évaluer les applications d’IA, la gouvernance des données, les contrôles d’identité et les autres risques liés à l’IA.
Les attaquants peuvent exploiter les failles de sécurité lors d’une acquisition. Cela peut entraîner de graves conséquences tant pour l’acquéreur que pour la société cible. L’étude étude « CISO Redefined 2026 » a révélé que près de 25 % des dirigeants ont été confrontés à un incident cybernétique pendant ou juste après une transaction. Parmi ces organisations :
- 42 % ont signalé une baisse de la valeur de la transaction.
- 58 % ont déclaré que leurs objectifs financiers avaient été affectés négativement.
- 20 % ont connu des retards ou des suspensions dans la transaction.
Ces résultats montrent que la cybersécurité mérite la même attention que les vérifications financières et juridiques. Sans cela, les organisations risquent davantage de se retrouver confrontées à :
- Des failles de sécurité cachées qui se transforment en mauvaises surprises coûteuses après la conclusion de la transaction.
- Des perturbations de l’activité causées par des incidents de sécurité pendant la migration.
- Une exposition accrue aux risques réglementaires et de conformité.
Si rien n’est fait pour les gérer, ces risques peuvent empêcher les organisations d’atteindre leurs objectifs d’acquisition.
Cinq façons dont la cybersécurité améliore les résultats des fusions-acquisitions
Une stratégie proactive en matière de cybersécurité réduit les risques à chaque étape d’une opération de fusion-acquisition. Elle permet une intégration plus rapide, une complexité moindre, moins de surprises et une croissance à long terme plus solide.
1. Préserver la valeur de la transaction avant sa conclusion
Plus les entreprises identifient tôt les cyberrisques, plus elles disposent de solutions pour y remédier. Les failles de sécurité détectées peuvent influer sur le prix d’achat. Elles peuvent également avoir une incidence sur les engagements de remédiation et la planification de la transition. Dans certains cas, elles peuvent même déterminer si la transaction sera menée à bien.
L’acquisition de Yahoo par Verizon illustre comment les problèmes de cybersécurité peuvent affecter les aspects financiers d’une transaction. Yahoo a révélé des fuites de données cachées qui ont touché des milliards de comptes. Ainsi, Verizon a réduit le prix d’achat de 350 millions de dollars.
Une cyber-due diligence efficace aide les organisations à détecter les risques à un stade précoce. Elles peuvent ainsi prendre de meilleures décisions avant la conclusion de la transaction, car elles savent exactement ce qu’elles acquièrent.
2. Réduire les risques liés à l’intégration
La réussite d’une intégration repose sur la connexion sécurisée des personnes, des applications, des systèmes, des identités et des données. De bonnes pratiques de sécurité aident les équipes à repérer rapidement les lacunes afin de réduire l’incertitude. Cela permet également de limiter les retouches et de maintenir l’intégration sur la bonne voie pour une transition plus fluide.
3. Assurer la continuité des activités pendant le changement
L’intégration touche tous les aspects de l’activité. Les entreprises doivent consolider leurs applications et repenser leurs réseaux. Elles doivent également mettre à jour les droits d’accès des utilisateurs et harmoniser leurs processus. Pendant cette période, les clients, les collaborateurs et les partenaires s’attendent à ce que les opérations se poursuivent sans interruption.
La cyber-résilience aide les entreprises à rester sécurisées tout au long de la transition. Des pratiques de sécurité proactives permettent de détecter et de bloquer les menaces, sans ralentir l’intégration ni perturber l’activité.
4. Maîtriser les coûts d’intégration
La dette de sécurité augmente lors des acquisitions. Les outils redondants, les politiques incohérentes, les identités non gérées, les infrastructures héritées et les processus non documentés sont autant de facteurs qui alourdissent les coûts et la complexité.
La mise en place de contrôles de sécurité standardisés dans l’environnement fusionné allège les efforts de remédiation et réduit les retards. Elle rend également les coûts d’intégration plus prévisibles.
5. Bâtir une base cyber-résiliente pour la croissance
Chaque acquisition offre l’opportunité d’améliorer la base technologique et de sécurité de la nouvelle organisation, de la gestion des identités et de la gouvernance aux opérations de sécurité et à la reprise après sinistre. Cela renforce la résilience nécessaire à la continuité des activités et à la croissance future.
La clé réside dans une collaboration étroite entre le DSI et le RSSI. Ils peuvent travailler ensemble pour aligner l’intégration sur les objectifs métier. Cela contribue à réduire les risques cybernétiques et à créer un modèle opérationnel unifié. Cela favorise également l’innovation et la croissance à long terme.
Combler les lacunes en matière de cybersécurité tout au long du cycle de vie des fusions-acquisitions
De nombreuses organisations ne disposent pas des ressources nécessaires pour gérer la cybersécurité tout au long d’un projet de fusion-acquisition. Des prestataires de services de sécurité gérés (MSSP)spécialisés comblent cette lacune grâce à leur expertise en cybersécurité et à leur expérience en matière d’intégration.
Les MSSP spécialisés peuvent vous aider à :
- Évaluer la maturité en matière de sécurité lors de la due diligence afin d’identifier les lacunes, les risques et le niveau de préparation.
- Détecter les failles de sécurité et les risques opérationnels avant la finalisation de l’opération. Cela permet d’élaborer des plans de remédiation et d’éviter des surprises coûteuses par la suite.
- Définir un modèle opérationnel sécurisé qui aligne les priorités en matière de sécurité, d’informatique et de métier. Ce modèle fournit un plan clair pour l’organisation unifiée.
- Soutenir l’intégration des identités, du réseau et de la sécurité. Cela permet de relier les personnes, les systèmes et les données en toute sécurité. Cela réduit également l’exposition aux risques en période de cybermenaces accrues.
- Renforcer les opérations de sécurité et la résilience après la finalisation de la transaction, en mettant en œuvre des processus de sécurité plus rigoureux et en améliorant la visibilité, afin de poser des bases solides pour la croissance future.
En plus de faire office de prolongement de l’équipe de sécurité, les MSSP spécialisés et expérimentés sont des partenaires stratégiques tant pour le DSI que pour le RSSI. En réduisant les incertitudes, en accélérant l’intégration sécurisée et en renforçant la résilience, ils aident les organisations à tirer pleinement parti de la valeur des fusions-acquisitions.
La meilleure mesure de la cybersécurité est l’activité qu’elle permet
Les entreprises mesurent souvent la cybersécurité à l’aune des attaques qu’elle parvient à bloquer. Mais dans le cadre des fusions-acquisitions, la cybersécurité va bien au-delà. Elle aide les entreprises à identifier les risques, à protéger la valeur de la transaction et à atteindre leurs objectifs.
Les investisseurs, les banquiers, les RSSI et les DSI considèrent désormais que la cybersécurité va au-delà de la simple conformité. Elle influe sur la certitude de la transaction, la rapidité de l’intégration, la résilience et les performances commerciales à long terme. Les entreprises qui intègrent la cybersécurité à chaque phase d’une fusion-acquisition peuvent mieux se protéger et exploiter pleinement le potentiel de la transaction.
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